Mise en scène de crise humanitaire à Gaza
 
Janvier 2008
 
Avec la violente prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza (mi juin 2007), Israël a réduit ses fournitures régulières, limitant les entrées aux produits de première nécessité pour la population gazaouie. Bien qu’il n’y ait aucune crise humanitaire dans la bande de Gaza, le Hamas fait en sorte de mettre en relief des crises ponctuelles et de les présenter comme des épreuves endurées par toute la population. 

Y a-t-il vraiment une crise humanitaire ?

La définition admise de « crise humanitaire » est une détresse prolongée dans la population résultant d’un manque de ressources de première nécessité, qui nuit physiquement ou psychologiquement à cause d’une carence significative de nourriture, d’habits et de médicaments, et également à cause d’une manque de salubrité. Là où il y a une crise humanitaire, la population souffre de famine, de degrés importants de malnutrition, de maladies sévères et fréquentes, et parfois de morts résultant d’une nutrition et de soins très pauvres. 

La revendication du Hamas qu’il y a une crise humanitaire est contredite, par exemple, par les points suivants :  

1- Manque de nourriture : dans la crise actuelle, personne ne prétend– pas même le Hamas !- qu’il y a carence de produits alimentaires, que les gens sont affamés ou qu’ils sont plus malades que d’habitude. De plus, il y a d’autant moins carence que l’UNWRA a en stock dans ses entrepôts suffisamment de nourriture pour les besoins des habitants pendant au moins 10 jours, si une véritable crise alimentaire advenait. 

2- Manque d’électricité et de fuel : il y a en effet une sévère restriction en fuel en certains endroits, pour un jour, qui empêche de faire fonctionner des stations locales d’électricité alimentées au fuel. Mais en aucun cas, cette restriction n’a eu d’effet sur les systèmes vitaux, tels que les hôpitaux, les stations d’eau etc. Le Hamas, du reste, a des réserves de fuel significatives qui auraient pu pallier les restrictions, mais il a choisi de garder ces réserves pour faire fonctionner ses usines de fabrication de roquettes.

Le site palestinien Pal-Press a mis en ligne, le 20 janvier 2008, les commentaires d’un patron d’une station de carburant – qui a voulu rester anonyme, car le Hamas a pris le contrôle du fuel qui entre dans la bande de Gaza (et en récupère une large partie). Selon cet homme, le fuel destiné aux hôpitaux a été réquisitionnés par le Hamas pour ses dirigeants, pour la station de télévision al-Aqsa et pour ses services de sécurité. Le site révèle que, d’après des sources locales, un garde du corps d’Ismaïl Haniyeh (Premier ministre Hamas) a volé du carburant pistolet au poing à l’hôpital Shifa de Gaza, ainsi que de plusieurs stations d’essence, pour les véhicules d’Haniyeh et de son entourage.

Quant à l’électricité, Israël, malgré les rapports alarmistes des médias, a continué à fournir à Gaza de façon ininterrompue 124 Megawatts, c'est-à-dire environ 70% des besoins en électricité de Gaza. 

Le Hamas a préféré mettre en scène les habitants de Gaza plongés dans le noir, en convoquant les médias arabes dont certains se sont rendus complices. Mais tous les clichés non « autorisés » montrent sans ambigüité possible qu’il s’agit d’une tromperie destinée à émouvoir l’opinion internationale : les plans larges montrent, derrière les processions à la bougie, les magasins et les réverbères alimentés en électricité, comme d’habitude. Même une réunion des membres du Hamas éclairés à la bougie ne peut cacher que les rideaux ont été tirés, car il est 13h00 et il fait jour !  

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 3- Manque de médicaments et carences dans les hôpitaux : les hôpitaux ont des réserves – dont ils ont refusé de communiquer la quantité- ce qui fait qu’ils n’ont pas atteint le point critique au-delà duquel ils ne peuvent plus prodiguer de soins. De plus, le Hamas s’est servi dans les réserves de médicaments.

Le ministre palestinien de la Santé s’est même plaint (agence de presse Maan, 13 janvier 2008) de ce que le Hamas a volé des camions contenant des médicaments qui étaient envoyés de Ramallah (Cisjordanie) à la bande de Gaza, précisant que des miliciens du Hamas ont volé les médicaments, qui se retrouvent dans des hôpitaux privés, des pharmacies ou des centres médicaux appartenant au Hamas. L’hôpital Al-Wafa Shijaia, propriété du Hamas, est un exemple d’hôpital privé équipé avec des équipements initialement destinés aux hôpitaux généraux. Les exemples sont nombreux où le Hamas volent médicaments et équipements envoyés par le gouvernement palestinien Fatah de Cisjordanie, et destinés à toute la population, pour ses propres besoins, et utilise ensuite les carences des hôpitaux publics pour faire sa propagande.  

4- Problèmes économiques : Ce sont Salam Fayad et Mahmoud Abbas qui transfèrent les fonds destinés à la population gazaouie. Mais le Hamas exploite son contrôle du côté palestinien du corridor Philadelphie pour faire de la contrebande d’armes et d’argent, à travers les tunnels creusés entre la bande de Gaza et l’Egypte. Les milices armées du Hamas reçoivent une part substantielle de ce budget, estimé à des dizaines de millions de dollars. L’argent que le Hamas reçoit lui sert à renforcer et à augmenter le nombre de ses membres, et pas du tout à subvenir aux besoins de la population palestinienne de la bande de Gaza. 

Conclusion

L’exagération et la propagande font partie de la stratégie du Hamas pour attirer les condamnations sur Israël. Cette stratégie se fait aux dépens de la population gazaouie dont les biens sont détournés aux fins militantes et guerrières. Les médias arabes, en particulier Al-Jazeera, contribuent grandement à cette propagande qui vise l’opinion internationale, mais aussi les Palestiniens eux-mêmes.

Note : la fermeture ponctuelle des points de passage entre Israël et la bande de Gaza, décidée par le gouvernement israélien, est une conséquence des tirs quotidiens de roquettes et obus de mortier sur le territoire israélien (plus de 1500 depuis mi-juin 2007). Le Hamas a même tiré des obus de mortier sur un point de passage par lequel des camions apportaient des fournitures à la bande de Gaza !