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Monsieur le Président,
La réponse au message e-mail que je
vous ai adressé le 18 avril concernant le retour de l’anti-sémitisme en
France ne m’est pas encore parvenue. Je ne veux toutefois pas attendre
plus longtemps avant de vous faire part de l’horreur profonde que je
ressens en prenant connaissance dans la presse étrangère des aggressions
anti-sémites qui se perpétuent journellement en France. D’après la police
locale, ces attaques sont au nombre de 10 à 12 par jour dans la seule
région parisienne. Or, la presse écrite de France à laquelle j’accède
chaque jour sur internet ne mentionne ces faits extrêmement graves – car
ils dénotent un pourrissement profond des valeurs morales en France – que
de façon désinvolte, lorsque même elle en parle.
J’apprends par ailleurs que vous avez
déclaré lors d’une interview en janvier dernier qu’il n’y avait pas
d’anti-sémitisme en France. C’est d’ailleurs le seul point sur lequel vous
êtes d’accord avec M. Le Pen.
Mais lorsque l’Ambasadeur de France à
Londres (je suppose qu’il s’agit de S.E. M. Daniel Bernard) se permet de
déclarer au cours d’un dîner officiel que les problèmes dans le monde sont
la faute de « that shitty little country, Israel » (je laisse la
citation dans sa langue d’origine afin de n’en pas dénaturer le sens),
de quoi s’agit-t-il donc sinon d’anti-sémitisme, et par un membre du
Gouvernement encore ? (Je laisse de côté la grossièreté inqualifiable de
la part d’un ambassadeur dans l’exercice de ses fonctions). Y-a-t-il eu
des sanctions à l’encontre d’une telle énormité, ou bien considérez-vous
qu’un ambassadeur peut inpunément insulter un État souverain en public ?
Avec un tel exemple, il n’est pas étonnant que tout un chacun se permette
de copier les Chemises Brunes nazies dans les rues de Paris.
Que vous l’admettiez ou non, la
résurgence de l’anti-sémitisme en France est le problème le plus important
du moment, et qui l’ignore se prépare – et nous prépare – de tristes
lendemains. Que ces aggressions soient orchestrées par les nazis ou par le
PLO ne change pas les données du problème. À nouveau, nous nous trouvons
devant un Gouvernement trop faible pour s’opposer vigoureusement à
l’injustice et faire ce qui doit être fait, quel qu’en soit le prix, pour
réprimer la violence avant qu’elle ne devienne générale.
Ceux d’entre nous qui ont une
conscience évoquent avec chagrin et pitié la France des années 1930/1940.
Avec cette dégradante expérience encore si proche de nous, quelle sera
maintenant notre excuse ?
En vérité, j’ai honte d’être française
aujourd’hui.
Veuillez agrér, Monsieur le Président,
l’expression de ma parfaite considération.
N.P. |